Les dernières déclarations du président de l'UMP sur le mariage et l'adoption par des couples homosexuels explique peut-être mieux pourquoi Nicolas Sarkozy hésite depuis si longtemps à accorder une interview à Têtu. Dans un entretien au Figaro Magazine, à paraître demain, samedi 2 septembre, le futur candidat UMP à l'élection présidentielle prend position clairement contre le mariage et l'adoption par des couples du même sexe, tout en prônant une réforme du Pacs pour obtenir une «égalité sur le plan financier». «J'y ai beaucoup réfléchi et j'y suis opposé [...] C'est clair et précis», explique-t-il à propos du mariage et de l'adoption. «Le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle: les enfants ont besoin! d'un père et d'une mère», poursuit-il, reprenant à son compte les positions de Jacques Chirac, mais aussi celles de l'entente parlementaire UMP/UDF contre le mariage des couples homos qui depuis janvier dernier se bat pour contrer toute velléité d'ouverture à droite (lire Quotidien du 12 janvier). Pour contrebalancer cette position –et après les avoir discriminé en leur refusant le droit de se marier ou d'adopter, Nicolas Sarkozy rappelle (il l'avait déjà écrit dans Témoignage, son dernier opus), qu'il est «profondément hostile» à toute forme de discrimination. «Les homosexuels ne doivent pas en subir. C'est pourquoi je suis partisan de l'égalité sur le plan finan! cier», poursuit-il. Il faut «créer un système qui, sur le plan fiscal, patrimonial et successoral, garantisse l'égalité entre un couple hétérosexuel et un couple homosexuel». Les réactions n'ont pas tardé. «Ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il finalement tranché, après avoir laissé entendre avant l'été que sa réflexion n'était pas mûre», écrit l'Inter-LGBT qui déplore l'impossible dialogue avec Nicolas Sarkozy sur les questions liées au couple et à la parentalité. Le ministre de l'Intérieur avait en effet annulé son rendez-vous avec l'Inter-LGBT à la veille de la Marche des fiertés fin juin. «Néanmoins, le projet de loi de finances pour 2007 lui donne une occasion en or pour appliquer la seule idée qu'il s'apprête à défendre en faveur des couples de même sexe: l'égalité financière. L'Inter-LGBT espère que le président de l'UMP saura convaincre le gouvernement.» Le mouvement LGBT associé au l'UMP, GayLib, qui r! éclamait clairement le mariage et l'adoption pour les homos, estime que «Nicolas Sarkozy n'a pas pris en considération la diversité de nos familles». Son président, Stéphane Dassé, veut néanmoins voir dans ces déclarations «la définition du périmètre du débat, une porte ouverte qui nous appelle à la créativité, pour inventer ce que peut être l'après-Pacs. Mais notre mouvement va au-delà dans ses revendications. Nicolas Sarkozy reste notre principal allié à l'UMP.» Un allié qui ne semble pas prendre à son compte les principales revendications de GayLib.